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Lobbying (suite)
C’est l’histoire d’un cadre supérieur de France-Télécom, responsable départemental de la communication. Son rôle le conduit à se trouver en interface avec ces interlocuteurs non négligeables que sont les collectivités locales. Dans le cadre de la loi portant sur l’entreprise et sa privatisation, la direction générale exprime une demande forte pour que les cadres relaient l’esprit de ce projet de loi auprès de leurs collègues de travail et également à l’extérieur de l’entreprise. « On nous demandait de devenir des lobbyistes ». Une demande que ce cadre vit fort mal puisqu’elle implique, le concernant, qu’il démarche les élus locaux pour « vendre » la privatisation. Il refuse. « D’abord il s’agissait d’un projet et non d’une loi ; je devais donc pouvoir exercer un droit citoyen de base, celui de la critique. Ensuite on demandait aux cadres de soutenir un texte qui allait être modifié, y compris dans des orientations non partagées par la direction de France Télécom. C’était les faire vivre dangereusement : d’une part, ils risquaient de se retrouver en contradiction avec la représentation parlementaire ; d’autre part ils ne maîtrisaient pas le contenu des amendements. Les sénateurs, par exemple, ont essayé de faire voter un amendement contradictoire avec les orientations de la direction. S’il était passé, comment justifier la critique d’un texte dont les cadres auraient auparavant chanté les louanges ? J’ai donc refusé et je l’ai fait savoir publiquement auprès de mes collègues ». Soutenu par l’Ugict-Cgt, dont il est adhérent, ce cadre supérieur n’est pas sanctionné et la pression sur lui disparaît.
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