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Insécurité et Harcèlement

Dans une filiale d’une entreprise de téléphonie, une équipe de cadres commerciaux s’adresse par courrier à son supérieur hiérarchique pour dénoncer le climat général d’insécurité qu’il leur fait subir. voici quelques extraits de cette lettre : « nous ne remettons en aucun cas en cause la stratégie commerciale de l’entreprise, ni les valeurs qu’elle véhicule....le sentiment général d’insécurité au travers d’un harcèlement permanent-ex : interventions agressives en réunion-, de menaces collégiales, de non respect des procédures, de remise en cause de l’âge moyen de l’équipe,.. ». Le cadre encadrant l’équipe est licencié pour « rébellion organisée », puis tous les autres cadres de l’équipe quittent l’entreprise (démission, déplacement, dépression, déplacement,..). Un des cadres s’est adressé à l’Ugict-Cgt. Après action collective, dix d’entre eux obtiennent réparation (sous forme d’indemnité transactionnelle). La direction départementale du travail et de l’emploi indique dans un courrier au directeur général de cette entreprise : « Votre secteur d’activité est caractérisé par une concurrence très âpre (certains parlent même de guerre commerciale »), avec l’objectif constamment affiché au niveau national de tenir la première place sur ce marché. Dans ce but, de nombreuses procédures internes sont mises en œuvre dans toutes les agences pour contrôler de façon quasi-permanente les performances individuelles et collectives des commerciaux, des outils de gestion permettant d’analyser les moindres écarts entre les objectifs affichés et leur réalisation pour corriger en temps réel chaque dysfonctionnement. Cette gestion fait peser une pression qui est vécue de manière très différente d’un salarié à l’autre. Les mouvements de personnel ne sont pas négligeables, pour des motifs divers (démission, licenciement, mutation). Les éléments au cours des entretiens que nous avons eus avec de nombreux salariés, à divers niveaux de responsabilité, nous ont permis de comprendre pourquoi des salariés pouvaient ressentir un sentiment général d’insécurité et se sentir harcelés en vivant au quotidien cette évaluation permanente de leurs performances. Ces constats nous permettent d’établir que la responsabilité n’en incombe pas au directeur de cette agence régional, mais qu’elle résulte d’une gestion décidée au niveau national. En conséquence, nous demandons que votre Direction Générale prenne en compte et analyse les faits constatés par nos services pour remédier à cette situation, dans le cadre de la prévention des risques professionnels prévus à l’article L 230-2 du Code du Travail. » Il ne s’agit donc pas d’une affaire de harcèlement mais bien des conséquences d’une politique de l’entreprise en question. Les cadres concernés avaient toutes les raisons de dire « non ». Cela ne leur a pas été reconnu par leur entreprise.



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